Van Gogh ou le mythe de l’artiste maudit

by | Mar 3, 2020 | BLOG, L'art au fil des siècles | 0 comments

Peintre et dessinateur hollandais, Vincent Van Gogh naît en 1853 à Groot-Zundert et meurt en 1890 à Auvers-sur-Oise en France. Ce peintre a vécu dans la misère, ayant vendu une seule peinture dans toute sa vie. Ses œuvres furent ignorées et aujourd’hui elles atteignent des sommets dans les ventes aux enchères.

Un peintre mal dans sa peau 

Le 30 mars 1853, Vincent Van Gogh naît dans un village du Brabant septentrional près de la Belgique, où son père est le pasteur. La contrée, froide et pluvieuse, manque de lumière. Alors le peintre traverse dès son plus jeune âge des périodes de mélancolie profonde. Solitaire, Van Gogh s’isole et semble être peu apprécié de sa famille avec laquelle les relations du peintre resteront difficiles. Fils aîné d’une famille de six enfants, de ses nombreux frères et sœurs, seul son frère Théodorus dit Théo reçoit ses confidences et le soutiendra toute sa vie moralement et financièrement.

Après des études courtes et sans succès, Vincent, se passionne pour le dessin. De ce fait, il entre comme employé à l’âge de seize ans dans une succursale ouverte par la maison Goupil spécialisée dans le commerce des tableaux modernes à La Haye.

Enfant instable mais possédant de fortes qualités en dessin, le peintre est envoyé à Paris dans la galerie dont l’un de ses oncles est le fondateur. Il se déplace alors successivement dans les succursales d’Europe. Après celle de La Haye, il rejoint celles de Bruxelles et de Londres.

chambre de Van Gogh à Arles

Une ambition : prédicateur 

Envoyé à Londres et à Paris entre 1873 et 1876, le peintre apprend à connaître l’œuvre des artistes de l’école de Barbizon, de nombreuses œuvres sont stockées dans la galerie où Vincent travaille. On y retrouve des peintures de Rousseaux, Diaz et Daubigny.

Grâce à ses séjours à l’étranger, le peintre a pu se familiariser avec la peinture ancienne. Les grands maîtres d’Europe du Nord retiennent son attention, notamment Rembrandt et Ruysdael.

Après son bref séjour à Paris, le peintre retourne dans le quartier ouvrier d’Isleworth de Londres où il devient instituteur.

Malgré ses efforts le peintre vit son entrée à la faculté de théologie d’Amsterdam refusée. Toutefois, il ne renonce pas à la mission dont il s’estime investi et qui doit être accomplie dans un milieu hostile. Il sent naître en lui une vocation religieuse. Peu de temps après, le peintre est prédicateur dans la région minière du Borinage, en Belgique.

Un peintre inspiré par plusieurs mouvements 

La nuit étoilée, Van Gogh

La nuit étoilée, Van Gogh

Depuis son adolescence le peintre n’a cessé de dessiner. Ce qui fait qu’après des années d’errance, la peinture va prendre le dessus dans sa vie. En effet, arrivé à l’âge de vingt ans, Van Gogh envisage de faire de la peinture son métier. Le peintre s’inspire alors des valeurs sombres du grand maître du réalisme : Jean-François Millet. Le peintre hollandais, se met à étudier des paysages.

À Nuenen, un village du Pays bas, Van Gogh vit pendant deux longues années (1883 à 1885) pendant lesquelles il se familiarise avec le réalisme hollandais.

Le peintre s’installe ensuite à Anvers, la ville qui promet des grandes choses : le peintre espère gagner quelque salaire en peignant des enseignes pour des commerçants. Il suit également des cours à l’Académie où il ne trouve encore que mépris et incompréhension.

Souffrant du froid, de mauvaises conditions d’hygiène, malade, le peintre se réfugie l’année suivante chez son frère vivant à Paris.

L’expérience parisienne 

Quelques mois après son arrivée en France, Van Gogh change sa vision du monde et sa manière de peindre. Il s’aperçoit à quel point l’art a changé depuis sa jeunesse pendant laquelle Millet et Barbizon devenaient des artistes reconnus.

En 1886, se tenait la dernière exposition des impressionnistes au cours de laquelle les techniques de Monet et Renoir sont déjà dépassées par des audaces nouvelles.

Le peintre rencontre Toulouse-Lautrec dans l’atelier du peintre académique Fernand Cormon, il fréquente également Camille Pissarro et Emile Bernard qui ont une nette influence sur lui.

L’influence des estampes japonaises 

À Paris, Van Gogh développe aussi une technique originale de peinture, qui allie les petites touches grasses et contrastées à de larges surfaces uniformes.

Le poudroiement des hachures renvoie au pointillisme, une pratique qui débute. Alors que l’application de zones de couleurs peu modulées sur la toile est inspirée de l’art de l’Extrême Orient. Elle se réfère aux effets de plaques obtenus suivant la pratique d’impression de la sérigraphie. Un procédé similaire au pochoir et très répandu au Japon.

Comme de nombreuses élites de l’art, le peintre porte de l’intérêt aux peintures, bronzes, estampes et bibelots du pays du soleil levant. Les œuvres japonaises connaissent en Europe une vogue considérable à la fin du XIXe siècle, principalement à Paris.

Au contact de Gauguin 

Van Gogh a toujours voulu faire venir Gauguin auprès de lui, un projet qui voit le jour fin octobre 1888. Alors que Gauguin était un artiste que notre peintre admirait énormément. Hélas les deux artistes ne s’entendent pas et l’union tant attendue tourne à la rivalité, voire jusqu’à la violence. En effet, un soir au cours d’une querelle entre les deux artistes, le peintre menace son ami avec un rasoir. Le lendemain, la police retrouve Van Gogh inconscient, l’oreille coupée à la suite d’un instant de folie.

Après son geste d’automutilation, le peintre traverse plusieurs crises de démence. Il est alors admis à l’asile de Saint-Rémy-de-Provence où il réside pendant un an (1889-1890).

“Champs de ble avec corbeaux” Peinture de Vincent van Gogh (1853-1890).

L’excentrique docteur Gachet : l’ami des artistes 

Camille Pissarro suggère à Théo d’envoyer Vincent à Auvers-sur-Oise où vit le Docteur Paul Gachet. Spécialiste des maladies nerveuses, il est également collectionneur d’art et ami des impressionnistes.  

Une forte amitié se noue entre le docteur et le peintre. Grâce au climat de confiance instauré par son médecin, Van Gogh réalise un portrait de celui-ci. Rempli d’admiration, Gachet lui commande un second portrait. De ce fait Vincent a conscience pour la première fois de sa vie que son talent et son art sont reconnus par un homme de qualité.

La fin tragique d’un peintre incompris 

Van Gogh reprend ses pinceaux et passe des journées entières à réaliser plusieurs de ses œuvres maîtresses telles que : Champs de blé aux corbeaux, l’Eglise d’Auvers-sur-Oise, Vue du Chevet (1890). On observe sur ces œuvres l’importance de la couleur, mais elle s’assombrit, et les formes se font plus torturées, comme l’esprit du peintre. Le mal être de l’artiste est plus fort, la solitude et l’angoisse d’une nouvelle crise le tracassent. Il n’a pu profiter que trois mois de l’aide du Docteur Gachet, car le peintre finit par se brouiller avec celui-ci.

Le dimanche 27 juillet 1890, Van Gogh se tire une balle en pleine poitrine au cours d’une promenade.

Les Ravoux découvrent le peintre sur son lit et Gachet est appelé aussitôt et fait venir son frère Théo dès le lendemain. Malgré les soins du docteur, le peintre expire son dernier souffle le mardi 29 juillet 1890, à une heure trente.

Ainsi Van Gogh disparaît dans un quasi anonymat, le peintre aura signé plus de huit cents toiles mais de son vivant, n’en aura vendu qu’une seule : La vigne rouge achetée à Bruxelles en 1890.

 

 

La vigne rouge - Van Gogh

La vigne rouge – Van Gogh 1890

 

Sources : Larousse, L’histoire de l’Art tome 20

 

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